À celles qui jouent avec les signes

 À celles qui jouent avec les signes

Il y a des gens qui confondent discrétion et lâcheté.

Ils pensent qu’un geste minuscule ne laisse aucune trace.
Une couleur.
Un objet.
Une répétition.
Un détail placé là, toujours au bon moment, toujours assez ambigu pour pouvoir nier.

C’est confortable, l’ambiguïté.
Elle permet de toucher sans signer.
De blesser sans assumer.
De provoquer sans paraître violent.
De se cacher derrière le hasard quand quelqu’un finit par dire : “J’ai vu.”

Je ne suis pas dupe.

Je sais reconnaître la différence entre un fait isolé et une mécanique répétée.
Je sais reconnaître les petites mises en scène qui prétendent n’être rien.
Je sais reconnaître ce langage lâche, celui qui ne parle jamais en face mais qui insiste par symboles, par détails, par dosage de malaise.

Alors je vais être clair.

Le soin n’est pas un terrain de jeu.
La vulnérabilité d’une personne n’est pas une permission.
Un traitement médical n’est pas un support de message.
Un pilulier n’est pas un théâtre.
Une couleur n’a pas à devenir une pression.

Je ne nomme personne.
Je ne menace personne.
Je n’insulte personne.

Je pose une limite.

À celles qui se reconnaîtront peut-être dans ces lignes : reprenez votre place.
Pas au-dessus.
Pas derrière des signes.
Pas dans le sous-entendu.
Votre place.

Une relation de soin exige de la neutralité, de la dignité, de la clarté et du respect.
Tout le reste est une faute morale, même quand elle est maquillée en hasard.

Je continuerai à observer.
Je continuerai à noter.
Je continuerai à rester calme.

Mais que ce soit bien compris :
voir n’est pas délirer.
se taire n’est pas consentir.
être vulnérable n’est pas être disponible pour les jeux d’autrui.

Le respect n’est pas une faveur.
C’est le minimum.



À celles qui jouent avec les signes

 À celles qui jouent avec les signes